2020-02-15

Fragments V


Je tente une sorte d'écriture rapide, fluide, qui puisse me permettre une quantité considérable de publications. Je la nomme futuristique en référence au futurisme, qui recherche la vitesse, tout en souhaitant la distinguer de celle-ci. Plutôt qu'adopter une approche algorithmique de l'écriture, cherchant à programmer mon écriture, je laisse couler l'inspiration, en laissant les idées s'associer relativement librement les unes aux autres.


Fernando Pessoa et ses hétéronymes.



Paul Valéry : la méthode de la méthode. Paul Valéry : architecte du langage poétique.
    1. Le journal de Valéry en est un d'idées (Cahiers, XXIII, 8).
    2. La relation entre art et philosophie est au cœur des recherches du poète-philosophe : Valéry se regarde créer (autopoïétique).
    3. Un jeu fragmentaire de déconstruction-reconstruction.
    4. « [...] une pratique devenant la théorie de sa propre productivité » (Signorile, 1993, p. 36).

    Ma pratique allographique à partir de modes d’emploi cherche à révéler les téléologies poïétiques du signe symbolique, relu et ré-interprétésans établir la supériorité d'une des deux instructions, le poïétique ou l’allographique. Allographe, je tente de placer le signe commercial dans un contexte bruyamment compliqué qui l'intègre et le reconditionne à la fois.

    Un premier jet avait été médiatisé dans le cadre d'un projet de concert de musique actuelle à Montréal, la seconde, connue en tant qu'œuvre sur bande, sera intitulée Signalétique II.


    Je débute mes travaux liminaires au sein de la nouvelle critique institutionnelle et néo-simulationniste des années 2000. Dès ma série Automatismes, j’élabore une approche de la conceptualisation qui met en abîme l'expérience esthétique et scrute la matérialisation et la dématérialisation de l’œuvre d'art dans une volonté de révéler les paradigmes idéologiques du monde et des mondes de l’art.


    Liste sur le thème d'une autopoïétique :
    • Je me questionne sur l'utilité de révéler le contenu de mes pensées de créateur.
    • Une autopoïétique permet de stimuler la création artistique. En effet, en discutant de son propre travail de plasticien ou de musicien, on trouve et développe de nouvelles idées.
    • Termes associés à la construction du discours musical : « accumulation, addition, ajouter, alternance, amorphe, aphérèse, apocope, apodose, articulation, artifice, asymétrie, athématisme, augmentation (rythmique), autocitation, avj (Asie centrale), axe, bithématique, brièveté, cellule génératrice, chute, citation, cliché, cohérence, collage, combinatoire, conclusion, continuité, contraste, coq-à-l'âne, débit, début, découpe... ».
    • Faire des listes !
    • Parfois, le caviardage en noir de mots relève du facultatif (ce qui renvoie au parergon). En effet, les mots caviardés en noir pourront apparaître ou non. Par exemple, lorsque le texte est imprimé,  le caviardage n'apparaît pas toujours.

    Reproductions (2018) est une série dans laquelle je refais photographiquement des peintures conceptuelles. En commençant par Piero Manzoni. Ce qui m'intéresse, c'est que mon expérience de la peinture est souvent médiatique. Ce que j'expérimente dans les catalogues d'art, sur les pages Web d'artistes, etc., c'est la reproduction d’œuvres. Or, il m'est arrivé de vivre quelque chose d'aussi fort en consultant un catalogue qu'en visitant un musée. Dès lors, ce que je propose au spectateur de mes œuvres dans certaines de mes séries c'est une expérience esthétique de l'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique. Ce n'est plus une expérience de la toile, mais une expérience du papier ou de l'écran. La texture n'est plus en relief. En fait, le relief doit être imaginé par le regardeur. En cela, c'est une expérience conceptuelle de la plasticité que je propose. Comme dans la lecture d'un récit, le spectateur doit pallier à ce qui manque en termes de détails.


    Lorsque je compose, que je me lance dans un nouveau projet (souvent d'envergure), que je cherche à déployer mes facultés créatives, que j'entreprends la conquête de nouveaux territoires esthétiques, il m'arrive souvent d'abandonner le chantier en raison de problèmes de création, qu'il me faudrait bien résoudre pour ne plus être empêché de créer. L'un des problèmes que je rencontre est le choix de la tonalité de chacune des pièces d'un ensemble que je voudrais cohérent. Je voudrais être en mesure de planifier ce paramètre avant de poursuivre la composition de ma série de pièces. Admettons que je veuille créer un cycle de douze pièces musicales conçues pour être interprétées dans une séquence, tout en étant individuellement complètes. Comment assurer la succession cohérente des tonalités des différentes pièces ? Les deux premières pistes de recherche qui s'offre à moi sont 1) le cycle de lied et 2) la musique répétitive de Philip Glass.
    Pierre-Luc VERVILLE