2019-12-31

Trois caisses jaunes

Pierre-Luc Verville, Trois caisses jaunes, 2019, installation trouvée; matériaux divers, dimensions variables

Trois caisses jaunes sont placées sur le sol, l'une devant l'autre, en tailles ascendantes. Elles entretiennent un rapport avec le lieu (rapport spatial), et entre elles (rapport du tout aux parties), comme formant un ensemble que le connaisseur peut aisément identifier à la pratique artistique de l'installation, à condition que s'opère la médiation de l'idée de galerie ou de musée. En effet, le spectateur ne peut voir l'oeuvre de lui-même, de manière autonome, car celle-ci ne peut être pensée qu'à travers le prisme de l'intentionnalité artistique que pourvoit le contexte.

S'il ne faut pas s'attendre à ce que le spectateur découvre immédiatement ce que signifie l'œuvre, la relation entre les objets et leur identité spatiale est déterminante dans l'ouverture à une expérience critique esthétisée. Comme avec le minimalisme, « aucune tentative n'est faite pour représenter une réalité extérieure, l'artiste veut que le spectateur ne réponde qu'à ce qui est devant lui. Le support (ou la matière) à partir duquel elle est réalisée et la forme de l'œuvre sont une réalité. Le peintre minimaliste Frank Stella a dit de ses tableaux "Ce que vous voyez est ce que vous voyez" » (Tate, 2020).

La disposition spécifique de l'œuvre, qui fait partie intégrante de celle-ci, comme chez Sol Lewitt ou Richard Serra, met en évidence ses qualités formelles (couleur, luminosité, ombre, etc.) et matérielles dans la relation qu'elles entretiennent avec le lieu.
Pierre-Luc VERVILLE