2019-05-06

Fragments III

Piet Mondrian, Composition en rouge, jaune, bleu et noir, 1921, huile sur toile, 59,5 cm x 59,5 cm


Les cadrages sont des améliorations, des embellissements extérieurs et des prédispositions avec un tubage extraordinaire. Qu'est-ce que le cadrage ? Nous sommes capables de le rapprocher du mot travail. C'est un canapé, une partie qui se tient au bord du travail, par delà, un ornement, un repos, quelque chose d'intéressant. Le discours philosophique en est plus ou moins attentif puisqu'il rejette le plus le sujet. Indépendamment de la façon dont il n'est pas absolument à l'extérieur du travail, il est à l'obligation, sur la touche. Cela fonctionne comme un plan, un système, une sorte de tour de contrôle (un peu comme le plaisir, les événements puissants ou les énigmes de la science, le dévouement, la légende et le sectarisme). Il peut aussi se dégrader quand, texture sensible impeccable, il ne transmet rien à la "forme", pour administrer ce mot qui est le segment de la toile de fond historique du grand art, mais dont le sujet des cadrages invite à déplacer.


Impasse dans mes compositions musicales. J'ai l'impression d'être freiné par la surcharge des possibilités d'actions qui me sont offertes. Lorsque je cherche de l'inspiration, je suis saturé d'information. Sur les plates-formes en ligne, des millions de groupes de musique sont disponibles.


La problématique de la surinformation me conduit à une réflexion sur la technique (Ellul, Valéry, Benjamin, Heidegger, etc.), mais aussi à la question du filtrage de l'information. Ceci a à voir, je pense, avec le jugement esthétique. Nous naviguons présentement en plein libéralisme, relativisme, en pleine démocratisation culturelle. La surabondance des références nécessite un crible, une discrimination solide, qui semble faire défaut... Cette problématique du filtrage de l'information est à l'origine de plusieurs de mes œuvres.


Seerveld trace les esprits dynamiques qui imprègnent l'art plutôt que d'entrer dans une chasse aux visions du monde et ses expressions à la manière de Rookmaaker. L'allusivité caractéristique des œuvres d'art moderne, Serveld la défend. Wolterstorff aussi s'éloigne de la sur-emphase rookmaakerienne sur les visions du monde en préférant souligner les multiples fins des œuvres d'art. Pour Serveld l'esthétique a à voir avec : 1) l'allusivité; 2) l'imaginativité.
Pierre-Luc VERVILLE