2018-09-27

L'avènement du médiologisme

En 2008, à Montréal, je présente ma discrète Exposition permanente d’une caméra de surveillance au plafond d’une galerie d'art contemporain. En abordant l’installation, je m’attarde à la relation entre l’objet et le contexte qui l’encadre. J’opère ainsi une sélection qui semble faire apparaître l’institution. Ma volonté est d'atteindre à la catégorie, difficile à saisir, de la configuration, d'ériger le dispositif à une création idéale, que je nomme « médiologique ». J’en expose, avec mon collègue Teva Flaman, l'herméneutique dans un double article intitulé Pour une approche médiologique de l’art (2016).

S’intéressant au contexte et poussée au seuil de la visibilité, l'herméneutique de cette médiologie m'avait préalablement fait passer de l’Exposition permanente d’une caméra de surveillance à l’Exposition permanente d’un gardien de sécurité (2012, Musée d’art contemporain de Montréal ; officieusement, dans le cadre de la Nuit blanche). Seul un impalpable déplacement de la posture désaliène le gardien du mur devant lequel il apparaît. La figure a cessé d'être un serviteur du lieu pour être servi par le lieu, et le gardien lui-même, par sa présence physique, devient alors une allusion à la sculpture.

Pierre-Luc Verville, Exposition permanente d’une caméra de surveillance, 2008, installation; dispositif de surveillance, dimensions variables
Pierre-Luc VERVILLE